Il est certain que la plupart des joueurs de la génération des premiers PCs dits modernes (milieu '80-début '90) se souviennent encore de ces jeux tout dégueulasses par rapport à aujourd'hui. C'était tout moche mais qu'est-ce que c'était amusant à l'époque! Pac-Man, Wolfenstein 3D, Dune, Myst, Dragon Quest, et autres... que de souvenirs.
Pour ceux qui ne seraient pas familiers avec toutes ces vieilleries, suivra une petite liste non-exhaustive pour mettre les choses dans leur contexte. Toutefois, je ne citerai que les jeux auxquels j'ai eu la chance de jouer ou d'essayer. Ceci est avant tout dû au fait que je souhaite juste partager cette belle expérience qu'est pour moi le jeu vidéo ainsi que ma relative déception pour ce qu'il est devenu aujourd'hui. Relative, parce qu'il y a encore beaucoup de jeux qui arrivent à me captiver mais pour cela il a fallu investir dans des supports autres que le PC, chose dont je parlerai plus tard.
Sur ces mots, je vous souhaite une bonne lecture. Les commentaires seront plus qu'appréciés pour apporter vos avis et vos précisions quant à cet article. J'attire quand-même votre attention sur le fait que c'est sensé être très personnel. Même si je vais tenter de rester objectif, ça reste quand-même mon point de vue.
Bien que la plupart des gens considèrent Wolfenstein 3D (1992) comme étant le premier FPS, il est en fait le premier FPS à mettre sur pieds une base sur laquelle les jeux modernes verront ensuite le jour. On peut ainsi donc voir Doom (1993) le premier du nom comme une évolution de Wolfenstein 3D, avec des graphismes plus soignés et surtout le premier à mettre en scène une certaine dénivellation du terrain. Ce sera aussi Doom qui fera connaître le genre "FPS" au monde.
Dune 2 avait, en 1992, lancé l'ère des jeux de stratégie temps réel modernes. C'est en fait le premier jeu qui possédait des sons de plus haute qualité au format MIDI. Il est aussi le premier à lancer l'utilisation de la souris pour gérer ses troupes sur le champ de bataille, permettant ainsi une gestion beaucoup plus aisée de son armée par rapport à ses prédécesseurs. Plus tard, des séries très connues rendront le genre plus populaire (Warcraft (1994-2002) pour citer la plus connue).
Les jeux de rôles, pour parler de ceux qui ont marqué les esprits et ainsi le genre lui-même, sont originaires du Japon. Final Fantasy, Dragon Quest (Dragon Warrior pour les USA), Zelda... ces trois titres sont ceux qui ont le plus marqué l'histoire du JdR jouable en solo sur ordinateur avec une interface graphique comparable à celle des FPS. On peut également citer Magic of Scheherazade (1989) et Crystalis (1990), créés aux Etats-Unis, à avoir connu une bonne popularité.
En général, un jeu de rôle se jouait au tour par tour (suivant l'exemple des jeux de stratégie). Final Fantasy 4 fut le premier à briser cette tendance en introduisant des combats en temps réel. Diablo de Blizzard démocratisera le genre sur PC en 1996, la série des Final Fantasy et Zelda restant exclusives aux consoles de Sony (PlayStation) et Nintendo (NES, SNES et N64).
Le genre des simulations de construction et de gestion ("Construction and managment simulation"; abbrégé en CMS), aujourd'hui simplement appelé "City-builder", a signé son apparition avec Utopia (1982). Une interface simpliste, réellement jouable seulement à deux (l'IA n'était pas encore présente), possibilité de jouer en solo où le but était simplement d'amasser le plus de points possible, tels sont les traits à caractériser Utopia. Le but du jeu était d'amasser le plus de points possibles en un nombre défini de tours avec une limite de temps imposée par tour. Les joueurs pouvaient se mettre d'accord sur le nombre de tours et leur temps limite.
Plus tard vint SimCity (1989) qui a donné toute sa popularité au genre en révolutionnant toutes les facettes, toutefois c'est toujours SimCity 2000 (1993) qui reviendra à chaque fois que l'on parle de SimCity.
Si l'on croise le genre CMS avec un jeu de stratégie, on obtient Civilization (1991). Moins axé sur le genre CMS, il reste toutefois intéressant de ce point de vue étant donné que pour mener à bien sa conquête du monde (en incarnant une nation déjà existante dans le monde réel), il faudra aussi penser à bien développer ses villes.
Pour faire un clin d'œil, c'est notamment Civilization 2 qui fera couler beaucoup d'encre aux Etats-Unis. En effet, c'est l'un des tout premiers jeux pour lequel les médecins ont diagnostiqué une dépendance (de nos jours, on ne s'embarrasse plus avec le terme français qu'on a remplacé par "addiction") proche de la drogue ou de l'alcoolisme. Le site web pour les "Civilization Anonymous" est encore disponible :
http://civanon.org/home.shtml.
Parmi les jeux d'action, on peut citer Pac-Man (1980) ou Asteroids (1979). Avec des buts et des objectifs aussi divers et variés qu'il y a de jeux d'action, un seul élément marque le genre : ce sont toujours les compétences physiques du joueur qui sont testées en temps réel tout au long du jeu, que ce soit la coordination oeil-main ou le temps de réaction face à une situation. On peut y ajouter des difficultés secondaires comme compléter un puzzle ou des tests de mémoire pour le rendre encore plus complexe.
Le plus connu et surtout le premier jeu du genre est Pong (1972). Pour faire court, c'est un jeu de tennis de table virtuel où les joueurs doivent renvoyer une balle à l'autre. Le perdant est celui qui ne pourra pas rattraper la balle. Cependant, le jeu qui a vraiment lancé le genre dans le monde est Street Fighter (1987), un jeu où chaque joueur choisit son combattant pour affronter l'adversaire au moyen de séries de combinaisons de touches ("combos").
Par contre, quand on regarde les jeux de simulation de véhicule (air, terre ou mer) et les jeux d'aventure pure, on constate qu'ils sont tombés plus ou moins en désuétude vers fin 2000.
Les jeux d'aventures existaient déjà depuis 1970 avec un jeu nommé Adventure. Il se caractérisait par une aventure qui n'était pas graphique mais textuelle. C'était comme lire un livre mais avec la possibilité de choisir ce que fait le héros dans les passages importants. Le reste des jeux d'aventures ressemblaient plus ou moins à Adventure jusqu'à 1980 où fut introduits des éléments visuels graphiques.
C'est cependant en 1993 que le genre connut son âge d'or avec la sortie de Myst, qui avait reçu le titre de jeu le plus vendu de tous les temps (du début du jeu vidéo jusqu'à son époque, son succès fut supplanté en 2002 par The Sims). Le joueur incarnait un "Étranger" qui avait utilisé un livre pour se téléporter sur l'île de Myst. Le but consistait simplement à l'explorer l'île et de compléter le livre de Myst après avoir trouvé les pages manquantes. Pour ce faire, il fallait résoudre des puzzles de logique qui se complétaient entre eux.
Sans limite de temps, sans ennemis et sans risque de mourir, le joueur pouvait donc explorer l'île comme bon lui semblait et ce, à son rythme.
Toutefois, même si Myst est ses suites et/ou spin-offs ont connu un grand succès, le genre lui-même a peu à peu été oublié pour laisser la place aux jeux d'action-aventure (pour citer un exemple :
Ninja Gaiden), beaucoup moins basés sur la résolution d'énigmes et plus sur les combats et aptitudes physiques du héros à pouvoir travers des zones immenses par divers moyens (acrobaties, endurance, etc).
En ce qui concerne les jeux de simulation, la série la plus connue est sans conteste Flight Simulator (avions de ligne avec un spin-off d'aviation militaire). Le genre lui-même découle de programmes destinés à la formation des pilotes d'hélicoptère ou d'avions et existe depuis à peu de choses près 1960. Les jeux qui avaient pour but le divertissement ne sont apparus que dans les années 1980 (en même temps que la plupart des autres jeux vidéo). Parmi eux, nous pouvons citer Strike Commander (1993) et la série des Wing Commander (1990). Parmi les jeux plus anciens il y avait Night Hawk: F-117A Stealth Fighter 2.0 (1991), lui-même la suite de F-19 Stealth Fighter (1988).
Comme vous avez pu le constater, le jeu vidéo a effectué un long et joli parcours jusqu'à aujourd'hui.
La démocratisation des QTE (Quick-Time Events) avec Shenmue (1999), qui sont en fait une succession de touches sur lesquelles le joueur doit appuyer en un laps de temps assez court et à un moment précis pour pouvoir continuer l'action qu'il a entrepris, redonnent un vent de neuf sur un genre qui commence réellement à s'imposer : les jeux d'action (éventuellement action-aventure). Les QTE ont ensuite été repris dans God of War (2005) où ils ont été utilisés à leur optimum pour garantir une expérience unique au joueur. À ce jour, je ne connais aucun jeu qui a su mettre à profit les QTE introduits par Shenmue aussi bien que God of War. Chapeau.
L'IA aussi a eu droit à de nombreuses évolutions depuis ses débuts dans le jeu vidéo. Aujourd'hui nous avons même droit à des ennemis qui peuvent nous balancer nos propres grenades, nous prendre de côté et même se coordonner entre eux pour nous prendre à revers (F.E.A.R (2005)). L'IA peut être programmée pour nous détecter lorsque l'on fait trop de bruit, sorte de l'ombre ou même lorsque nous avons laissé un corps sur l'éventuel chemin de patrouille d'un garde (Dark Project (1999), Splinter Cell (2002)) dans quel cas il avertira les autres pour qu'ils fassent attention.
Bref, rien à redire, l'évolution est carrément palpable.
Même si j'avais une passion pour les jeux de stratégie dès mon enfance, le jeu de rôle a toujours été mon péché mignon. Et dans les années 90, ce n'est pas ce qui nous manquait, que ce soit l'un ou l'autre! Même les FPS étaient étonnamment bien représentés. Les objectifs dans les jeux de stratégies nous obligeaient à galérer pendant des heures avant de trouver le truc infaillible qui n'a pas été mis dans la programmation de l'ordinateur. Les jeux de rôles nous obligeaient souvent à recommencer parce qu'on se trouvait dans l'impossibilité de le finir (ou avec grande peine) dû à un personnage mal adapté que l'on a monté littéralement à l'arrache; toutefois on y prenait plaisir parce qu'on découvrait une combinaison de sorts/aptitudes qui pouvait tout balayer. Les FPS testaient réellement nos réflexes et parfois notre aptitude à réagir correctement à une certaine situation dans laquelle on vient de se retrouver. Que du bonheur en somme. Mais le meilleur était que si un titre ne nous plaisait pas pour une quelconque raison, il y avait toujours un large choix. Chacun possédait ses propres caractéristiques et ses propres originalités, au sens propre du terme.
Toutefois, après une certaine rétrospective, j'ai pu constater que les jeux sortis après 2002-2003 environ devenaient de plus en plus "faciles". Je mets des guillemets parce que la difficulté pour finir le jeu n'a pas changé en tant que tel, le changement est qu'il n'y a plus qu'une seule façon de le terminer. Les jeux de stratégie mis-à-part (où le but ultime est quand-même de rétamer son ennemi avec les forces à disposition, et ce quel que soit le jeu), la "vulgarisation" très présente me déçoit. Finis les jeux où il fallait activer plusieurs objets/machines en même temps pour charger le rayon laser qui va pulvériser notre ennemi, ceci tout en esquivant ses attaques et en ripostant pour le blesser afin de se donner quelque précieuses secondes (Half-Life (1998)); finis les jeux où on avait plusieurs moyens d'en finir avec le défi qui nous est lancé (Black & White (2001), Fable (2004)). La plupart nous offrent une version très dirigiste et linéaire de l'évolution. D'autant plus qu'on en est arrivé à un point où beaucoup de choses se ressemblent terriblement. On a souvent cette impression de "been here, done that". Même les jeux de rôle y ont succombé avec des quêtes secondaires assez simplistes où il ne se passe pas grand-chose. Pas de retournement de situation ou de choix compliqué à faire.
Également, à une époque où les jeux deviennent de plus en plus complexes graphiquement, il est amusant de constater que les heures de jeu en solo ou multijoueur coopératif se comptent suivant une courbe descendante par rapport à la courbe ascendante de la beauté graphique allant à un point où elles peuvent se compter sur les doigts de la main. Fort heureusement, on les compte en général sur les doigts de nos deux mains et on peut souvent y rajouter un pied. Quand bien même, au début du jeu vidéo, les objectifs principaux pouvaient nous tenir en haleine pendant plus de 40 heures! Et c'est sans compter les objectifs secondaires. Même si on ne peut plus vraiment parler de "début du jeu vidéo" dans le cas suivant, les joueurs ayant joué à Pokémon à l'école durant les récréations sur leur console portable ou celle d'un ami pouvaient atteindre un cumul d'heures fulgurant dépassant souvent la centaine. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres. Même si c'était quand-même rare en-dehors des jeux de rôle, les autres genres pouvaient tout de même nous captiver pendant 30 heures et plus. Je n'ai encore entendu personne prétendre finir Dune 2 ou Command and Conquer (1995) en moins de 20-25 heures. J'ai récemment fini Metro 2033 qui vient de sortir ou même Operation Flashpoint 2: Dragon Rising et leur durée de vie n'était pas très fameuse. Dragon Rising m'a pris à peine 6 heures!
Même si quelques titres arrivaient à poser un certain défi ou proposer des alternatives à toutes nos action afin de satisfaire tous les styles de jeu, il n'en reste pas moins qu'en général on se retrouvait à suivre une ligne droite entourée de murs avec un virage de temps en temps. Pour ma part, j'ai dû changer ma façon d'aborder certains genres, ce que je trouve dommage. Selon moi, l'avenir réside dans les jeux de type MMO (Massivement en ligne) ou qui s'en rapprochent. Bref, du multijoueurs en ligne quoi...
Mais même là, j'arrive encore (sans trop de peine, remarque) à trouver quelque chose à redire. L'esprit de compétition omniprésent partout fait en sorte que, à mon avis, on trouve moins de plaisir à jouer. Je me rappelle encore de ce temps où je rentrais de l'école, j'allumais mon PC et je me connectais sur un serveur totalement aléatoire dans Counter-Strike pour y jouer pendant quelques heures. Aujourd'hui, à moins de jouer avec des amis, je ne pourrais plus le faire pour quelques simples raisons : quand je fait un truc qu'il ne fallait pas faire (par ignorance ou par mauvais coordination) je suis un noob et je suis direct mis à l'écart; quand je joue mieux que la moyenne des joueurs sur le serveur je suis un tricheur et je suis mis à l'écart voire carrément exclu du serveur. Ça va pendant un moment mais j'ai constaté qu'au lieu de pouvoir m'amuser pendant plusieurs heures comme avant, je m'amuse pendant une heure si je suis en bonne forme et après je me lasse. C'est pourquoi je me rabats de plus en plus sur le solo simplement parce que j'ai pas envie d'entendre "Eh! Comment tu sers à rien", "Rentre chez toi sale n00b!", "omg lol komen tu cheat c abuser!", "fu fukin haker!", "Brûle ton PC, mec, ou arrête de jouer!" et j'en passe. Et je suis certainement pas le seul dans ce cas. Le problème est que le mode solo est bâclé dans la plupart des jeux parce que les créateurs misent tout sur le multijoueurs.
Heureusement, quoi que je puisse dire, il y a quand-même encore suffisamment de jeux qui remontent la statistique. Encore une fois, je cite Ninja Gaiden : très dirigiste, très simple, c'est un jeu où l'on joue juste pour le combat et pour se mesurer à une IA qui ne nous fait pas le moindre cadeau au point que ça donne envie de pleurer. Mais ces combats sont tellement bien réalisés et tellement prenants plus on acquiert de maîtrise qu'on a juste envie de dévorer le niveau de difficulté supérieur quitte à détruire sa manette par la suite. God of War aussi a été de cette trempe même si je le considère beaucoup plus facile que NG, chose rattrapée par une histoire et un background proches de la perfection.
Tiens, mais pourquoi je me mets à citer des titres qui sont sur console? Tout simplement parce qu'à part les FPS et les jeux de stratégie (à mon goût incontrôlables avec un pad), la plupart des titres se sont mis à la console. Le genre désormais dominant sur PC est effectivement le MMO. On remarque aussi que les jeux qui se jouent exclusivement en ligne mais qui possèdent un mode solo vite fait sont également dominants sur PC. Pourquoi? Je ne saurais le dire. Fort heureusement, j'ai atteint un âge où je peux travailler et gagner de l'argent et par conséquent, investir dans des consoles. Et même si ce n'était pas le cas, papa ou maman a forcément besoin d'un ordinateur pour son travail ou pour l'internet me permettant donc de télécharger/acheter des jeux sur PC tout ayant une console (que j'aurais demandé pour Noël). Tout est devenu très abordable parce que tel ou tel membre de la famille a besoin de telle ou telle machine pour telle ou telle raison. Or c'était pas le cas dans les années 90. Pour ma part, je ne connais personne de notre génération qui avait un ordinateur et une console en même temps. Si c'était le cas, papa ou maman refusait strictement l'accès à l'ordi au gamin, c'est un outil de travail contenant sa carrière sur son disque dur!
En conclusion, même si je trouve que le jeu vidéo est en déclin faute à une évidente pensée orientée vers le lucratif que le divertissant, le jeu vidéo a encore de beaux jours devant lui. En lisant fréquemment des sites de revues pour me donner un avis sur ce qui se passe en ce moment, je constate que les développeurs remarquent qu'ils manquent d'innovation/originalité et tentent souvent d'y remédier, chose qui est relativement souvent couronnée de succès. Sans vouloir faire de pronostics, ces jours sont cependant comptés. À mon goût, le lucratif s'est beaucoup trop implanté dans la mentalité des éditeurs menant à des aberrations. Pour ma part, je croise les doigts. Même si l'on peut déjà comparer l'industrie du jeu vidéo à l'industrie cinématographique (quelqu'un a dit Hollywood?), les jeux se démarquent encore des films, qui eux, suivent rigoureusement un fil rouge.